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La référence pédiatrique en ligne

site complémentaire du livre Votre Enfant, des Drs Rossant, éditions Robert Laffont

Le développement psychomoteur de l'enfant (partie 1)

 

Un article de VotreEnfant.

La suite de ce chapitre se trouve ici : Le développement psychomoteur de l'enfant (partie 2)

Voir aussi le chapitre La bébologie

Sommaire

Capacités motrices du bébé


Capacités selon l'âge

Nourrisson de 2 mois


Nourrisson de 5 mois


Nourrisson de 6 mois


Nourrisson de 8 mois


Nourrisson de 8 mois


Nourrisson de 10 mois


Nourrisson de 11 mois


Nourrisson de 12 mois (1 an)


Nourrisson de 13 mois


Nourrisson de 14 mois


La motricité fine


La motricité globale est la capacité de produire des mouvements de bras, de jambes ou du corps avec un certain contrôle. Les jeux extérieurs (parc, cours de récréation, piscine, etc.), les jeux de ballon, les sauts, la danse et la course sont autant d'activités pouvant favoriser le développement de cette motricité globale chez l'enfant. Cela favorise le développement de la coordination, de l'équilibre et aide également l'enfant à avoir une bonne perception de son corps dans son environnement (schéma corporel).

La motricité fine est la capacité de faire avec précision de plus petits gestes de la main en gardant une bonne coordination entre les doigts et l'oil.

Graduellement, les gestes du petit enfant se précisent et il commence à prendre avec davantage de dextérité des objets plus petits. Jusqu'au jour où il parviendra à bien tenir un crayon et à le contrôler suffisamment pour parvenir à reproduire de petites lettres entre deux lignes! La motricité fine est essentielle à l'écriture. et il est utile de développer cette habileté à la maison avant la rentrée scolaire.

La motricité fine vise à développer les mouvements fins que permettent un meilleur contrôle et une meilleure coordination des doigts, des mains, des yeux, etc. Elle tend à renforcer les membres supérieurs.

Par définition, la motricité fine est ce qui permet de manier des objets, les ramasser, les manipuler et les lâcher en utilisant la main, les doigts et le pouce, comme ramasser des pièces de monnaie sur une table, tourner un cadran de téléphone ou un bouton. Ce terme ou cette expression dans la Classification internationale du fonctionnement du handicap et de la santé a pour code : d440. (Inclusions : ramasser, saisir, manipuler et lâcher- Exclusion : soulever et porter des objets (d430)

Les exercices de motricité fine visent à améliorer, régulariser et à installer une plus grande finesse dans tous les gestes de l'enfant, pour lui permettre de travailler avec plus de précision, de facilité et de détente. Ils sont essentiels pour l'apprentissage de l'écriture, habileté qui présente un aspect perceptif et un aspect moteur. Pour aider l'enfant dans son futur apprentissage de l'écriture, on peut l'encourager à faire différents exercices comme : découper, dessiner, enfiler, manipuler de la pâte à modeler, etc.

Selon les enquêtes de Barbara Zollinger, dès 18 mois, 80 % des enfants sont capables d'ouvrir et de fermer des ciseaux. A 30 mois, ils peuvent couper avec les ciseaux, en les tenant des deux mains et à 36 mois d'une main. Ainsi, déjà dès 3 ans, l'enfant devrait pouvoir couper avec des ciseaux. Cela peut être bien examiné à 4 ans, lors de l'examen de développement (découpe du cercle), qui donne des informations sur la motricité fine, la coordination yeux-main, mais également sur les capacités à résoudre des tâches de manière indépendante. L'interaction entre la mère et l'enfant peut également bien être observée à cette occasion (aide continuelle, corrige, soutien, etc.) De même, l'intérêt et la patience avec lesquelles l'enfant effectue cette tâche est un signe de maturité intellectuelle.

Développement de la motricité fine

Enfants de deux ou trois ans

L'enfant se sert alternativement des deux mains; il aligne les objets horizontalement, il accroit son adresse pour emboiter, démonter, réajuster; il expérimente la peinture aux doigts.

Enfants de trois ou quatre ans

L'enfant contrôle davantage ses mouvements; il aime verser, construire une tour de huit à dix cubes, imiter un modèle simple, encercler un objet; il commence à tracer des formes géométriques simples.

Enfants de quatre à six ans

A cet âge, l'enfant tient mieux le pinceau et travaille avec plus de minutie; il essaie de dessiner des personnages, des animaux, des édifices et ajoute graduellement des détails; il peut découper une ligne droite avec des ciseaux, dessiner une croix, un cercle fermé, un carré de façon reconnaissable, enfiler des perles, s'habiller et se déshabiller seul, faire des boucles.

Anomalies de la motricité fine

La déficience de la motricité fine affecte la capacité d'un enfant à interagir avec son environnement. Il peut avoir du mal à s'habiller, manger, écrire et participer à des activités à la maison et à l'école. Normalement, les capacités de motricité fine se développent au fur et à mesure qu'un enfant développe ses capacités motrices : les réactions réflexes se développent en capacités motrices qui par la suite entraîne un meilleur contrôle des groupes musculaires responsables de la motricité fine. Si le développement normal a été entravé, alors des déficiences en motricité fine apparaissent.

Les enfants souffrant d'autisme, infirmité cérébrale motrice, trisomie 21, spina bifida et autres troubles du développement ont besoin de thérapies particulières, comme les services de "thérapie occupationnelle" (ergothérapie) qui les aident à développer leurs capacités motrices fines. Les enfants qui ont un trouble de l'attention avec hyperactivité et d'autres troubles d'apprentissage qui affectent l'apprentissage et les comportements bénéficient également des services de thérapie occupationnelle.

Matériel requis pour développer la motricité fine

Des objets très simples qu'on trouve dans toutes les maisons peuvent être utilisés pour stimuler la motricité fine de l'enfant : ballon, cubes, bout de laine, soulier, fil, laine, vêtements, ciseaux, pinceau, crayon de cire, crayon, revue, feuilles de papier, macaronis, pince à linge, élastique, rouleau de papier essuie-tout, boutons, ficelle, grain de riz, boîte à chaussure, essuie-tout, peinture à doigt, pâte à modeler.

Exercices pour les 2-3 ans

  • L'enfant fait rebondir devant lui un ballon en le frappant tort à tour de la main gauche, puis de la main droite.
  • L'enfant lance un ballon de façon à renverser des rouleaux vides de papier essuie-tout ou de papier hygiénique placés sur le plancher (comme un jeu de quilles).
  • L'enfant construit une tour de cinq ou six cubes.
  • L'enfant enfile des boutons ou des nouilles sur une ficelle.
  • L'enfant transvase de l'eau d'un verre à l'autre sans en renverser. Il peut refaire l'exercice avec des grains de riz.
  • L'enfant place des pinces à linge autour d'une boîte à chaussures.
  • L'enfant plie en deux puis en quatre une serviette à mains en ajustant bien les coins ensemble.
  • L'enfant ouvre les lettres et colle les timbres chaque fois que c'est possible.
  • Avec de la peinture à doigt à l'eau, l'enfant fait des dessins avec ses doigts sur une feuille blanche (ligne droite, obliques, etc.)
  • Apprenez à l'enfant à tourner soigneusement les pages de ses livres d'histoires.

Exercices pour les 3-4 ans

  • Assis, l'enfant fait rouler le ballon autour de lui à l'aide de ses deux mains.
  • Avec le pouce de la même main, l'enfant touche l'une après l'autre l'extrémité de tous ses doigts. Il recommence avec l'autre main et de plus en plus vite.
  • L'enfant construit une tour de huit à dix cubes.
  • L'enfant délace son soulier et passe le lacet dans les oeillets.
  • L'enfant fait des noeuds à l'aide d'une corde.
  • L'enfant boutonne et déboutonne sa veste.
  • L'enfant taille des crayons.
  • L'enfant sculpte divers objets avec de la pâte à modeler.
  • Avec un crayon, l'enfant suit les pointillés faits préalablement sur une feuille.
  • L'enfant trace des carrés et des cercles autour des dessins que vous avez faits sur une feuille.

Exercices pour les 4-5 ans

  • Étendu à plat ventre, l'enfant lance un ballon vers vous en le faisant passer sous une chaise.
  • L'enfant monte la fermeture éclair de son manteau.
  • L'enfant passe un élastique autour d'une petite boîte en faisant 2 tours.
  • L'enfant tresse trois bouts de laine d'environ quarante centimètres.
  • L'enfant fabrique un collier en enfilant des macaronis.
  • L'enfant découpe une feuille de revue en 3, 4 ou 5 morceaux et essaie de les rassembler comme un casse-tête.
  • L'enfant découpe des images dans un magazine et les colle de gauche à droite sur une feuille ou dans un cahier à collage.
  • L'enfant dessine des formes géométriques simples (cercle, carré, triangle) et les découpe.
  • Installez l'enfant à la table avec pinceaux et gouache, et faites-lui dessiner des personnages, des animaux etc.
  • L'enfant apprend à faire ses boucles.

Pour en savoir plus Charlery-Labouche A.: Psychomotricité fine avec les 3-4 ans. Nathan Pédagogie Doyon L.: "Préparez votre enfant à l'école dès l'âge de 2 ans". Editions de l'Homme

La latéralité (droite-gauche)

Monter et descendre les escaliers

Déjà à 18 mois, l'enfant doit être capable de monter un escalier en étant tenu par la main. A 2 ans, il est certainement capable de monter (en se tenant à la rampe), et peut-être même de descendre l'escalier. En tout cas, les escaliers représentent pour les parents et les enfants un danger très menaçant. Beaucoup de parents craignent de mauvaises chutes dans les escaliers. Par conséquent, les parents n'encouragent pas dans la règle leurs enfants à monter librement les escaliers, mais essayent plutôt de les freiner, avec les remarques suivantes: « fais attention !», « attention pas tout seul ! », « tiens-toi bien ! » etc. La transmission de la crainte et de la tension des parents peut se faire également de manière non verbale, lorsqu'ils bondissent ou retiennent l'enfant, etc., ce qui à nouveau ne stimule pas l'exploration motrice de l'enfant. Quelques enfants développent alors une technique de steppage pour monter l'escalier en se tenant à la rampe, que beaucoup transforment ensuite en une technique beaucoup plus dangereuse de descente de l'escalier à plat ventre sur la rampe. A 4 ans, l'enfant a acquis cependant suffisamment de sûreté pour parvenir à monter les escaliers de manière alternée (un pied après l'autre). Souvent, on observe cependant des modalités particulières, p. ex de mettre toujours la même jambe en avant, ce qui est normal.

Pour l'amener à la crèche : des marches à monter. Pour aller chez mamy : pas d'ascenseur. Et votre petite Lili qui se laisse toujours porter !

Dès que votre enfant commence à marcher, il grimpe sur le fauteuil, escalade la table. Mais alors pourquoi se débrouille-t-il si mal pour monter les escaliers ? Il existe de bonnes raisons.

A chacun son rythme

L'apprentissage de l'escalier est un repère notoire dans le développement psychomoteur de votre enfant, au même titre que l'acquisition de la marche ou du langage. Il montre si, oui ou non, votre tout-petit maîtrise la coordination de ses mouvements et s'il a acquis un bon équilibre postural. Rappelons que tout cela est très progressif et débute dès les premiers mois, avec d'une part la maturation de son système nerveux, mais aussi une bonne dose d'entraînement. Pas si facile. Voici quelques repères :

En principe, à 10 mois, votre enfant expérimente le quatre-pattes. Puis, il marche.

Vers 15 mois, il est attiré par les plans inclinés, y compris l'escalier.

Deux mois plus tard (17 mois), il est capable d'escalader les marches. Avec une aide bien sûr, rampe ou bras, et de façon non alternée : un pied rejoint l'autre sur chaque marche.

Il ne pourra les descendre que vers 19 mois, toujours en se tenant et en joignant ses pieds à chaque marche. Il est en effet plus facile de monter, le centre de gravité étant « précipité » vers le bas lorsqu'on se trouve dans le sens de la pente.

Autour de 24 mois, votre enfant monte et descend tout seul, mais toujours en posant ses deux pieds sur la même marche.

Dix mois plus tard (34 mois), enfin, il monte seul en alternant les pieds.

Il ne fera la même chose, côté descente, que vers 3 ans et demi. Si sa grand-mère vous affirme qu'il ne pourra monter les escaliers que lorsque ses muscles sphinctériens seront assez forts, n'en croyez rien ! Les deux actions suivent chacune leur propre maturation motrice.

Comment l'aider ?

Tôt ou tard, l'escalier, il va l'emprunter. Facilitez-lui la tâche. Encouragez-le, physiquement d'abord : faites-lui franchir des obstacles divers, aux matières variées (un coussin, des livres.). Il va ainsi ajuster son équilibre. Puis, sur le plan émotionnel, rassurez-le : « Quand j'étais petite, moi aussi, j'ai mis du temps avant d'oser monter des marches. »

Ne le forcez pas. Si vous voyez qu'il ne se sent pas à l'aise dans l'escalier, ce n'est sûrement pas en le brusquant qu'il prendra confiance en lui. Il veut absolument descendre tout seul, mais vous le trouvez encore un peu pataud sur ses jambes ? Proposez-lui votre main : cela le sécurisera et lui donnera le goût de la pente. Vous pouvez aussi le laisser descendre à reculons, à quatre pattes.

Ne lui interdisez pas l'escalier. Contrairement à ce que bien des adultes imaginent, un enfant perçoit rapidement ce qu'il peut (ou pas !) faire de son corps, et rares sont ceux qui se lancent tête baissée dans l'escalier sans un minimum d'assurance. Evitez aussi l'éternel « Attention, tu vas tomber. » Optez plutôt pour un « Tiens la rampe ! »

Safia Amor avec Laurence Vaivre-Douret, professeur d'université à Paris X, neuropsychologue et psychomotricienne AP-HP Cochin.Enfants Magazine


Développement de la marche

Développement du langage


Développement du langage selon Saint-Augustin (354-430 in Les Confessions)

Dans la traversée de ma vie jusqu'à ce jour, ne suis-je pas venu de la première enfance à la seconde, ou plutôt celle-ci n'est-elle pas survenue en moi, succédant à la première? Et l'enfance ne s'est pas retirée ; où serait-elle allée? Et pourtant elle n'était plus; car déjà, l'enfant à la mamelle était devenu l'enfant qui essaye la parole. Et je me souviens de cet âge; et j'ai remarqué depuis comment alors j'appris à parler, non par le secours d'un maître qui m'ait présenté les mots dans certain ordre méthodique comme les lettres bientôt après me furent montrées, mais de moi-même et par la seule force de l'intelligence que vous m'avez donnée, mon Dieu. Car ces cris, ces accents variés, cette agitation de tous les membres, n'étant que des interprètes infidèles ou inintelligibles, qui trompaient mon coeur impatient de faire obéir à ses volontés, j'eus recours à ma mémoire pour m'emparer des mots qui frappaient mon oreille, et quand une parole décidait un geste, un mouvement vers un objet, rien ne m'échappait, et je connaissais que le son précurseur était le nom de la chose qu'on voulait désigner, Ce vouloir m'était révélé par le mouvement du corps, langage naturel et universel que parlent la face, le regard, le geste, le ton de. la voix où se produit le mouvement de l'âme qui veut, possède, rejette ou fuit.

Attentif au fréquent retour de ces paroles exprimant des pensées différentes dans une syntaxe invariable, je notais peu à peu leur signification, et dressant ma langue à les articuler, je m'en servis enfin pour énoncer mes volontés. Et je parvins ainsi à pratiquer l'échange des signes expressifs de nos sentiments, et j'entrai plus avant dans l'orageuse société de la vie humaine, sous l'autorité de mes parents et la conduite des hommes plus âgés.


L'enfant et le miroir


L'enfant et les couleurs